Le potager de mon grand-père.
Je fais partie de cette génération qui n'a pas vraiment suivi un chemin tout tracé. Mon parcours ne se découpe pas vraiment en métiers différents, c'est plutôt une continuité, un fil que je ne voyais pas toujours moi-même sur le moment.
Tout a commencé par la musique, sur FL Studio, où je composais des morceaux assez éclectiques, avec une vraie sensibilité pour l'électro. C'est là que j'ai appris à créer des ambiances, à jouer avec le rythme, à faire naître une émotion à partir de presque rien. Cette logique-là, elle est restée avec moi, peu importe ce que je fais ensuite.
Je me suis ensuite tourné vers le développement web, j'ai lancé une première petite entreprise de création de sites pour des clients. C'est là que j'ai appris les bases concrètes de l'entrepreneuriat : chercher des clients, comprendre ce dont ils ont vraiment besoin, structurer une offre, gérer des projets, et assumer ce que ça implique de faire tourner une petite structure. En parallèle, je me suis formé au graphisme et à l'identité visuelle. J'ai découvert à quel point les couleurs, les matières, la typographie, le ton, peuvent changer complètement la perception d'un savoir-faire. L'image d'une entreprise, ce n'est pas juste un habillage, c'est une partie de ce qu'elle est vraiment.
Plus tard, je me suis consacré à l'audiovisuel. J'ai réalisé des publicités et du contenu pour les réseaux sociaux, ce qui m'a donné une vraie expérience du cadrage, du montage, de la prise de son, du langage cinéma. J'ai développé un vrai goût pour raconter les objets et les marques comme des scènes, des atmosphères, plutôt que comme de simples produits.
En 2017, j'ai lancé une première marque, « blakfaction ». Le projet s'est arrêté, entre peur du succès, peur du jugement, et un manque de maturité sur la vision d'ensemble. Mais cette tentative est devenue un repère important. Elle m'a confronté pour la première fois à la question de ce que peut être une marque personnelle, cohérente, assumée, reconnaissable. Un brouillon avant la suite, en quelque sorte.
En 2019, j'ai créé Prometes, d'abord pensé comme un commerce en ligne autour du CBD. Les contraintes réglementaires ont rendu ça intenable, et j'ai laissé tomber le projet initial. Mais le nom a survécu, un peu comme une promesse en suspens. Prometes s'est recomposé comme une plateforme pour un nouveau terrain d'exploration : la création et la fabrication d'objets design et minimalistes, à la croisée de l'art, du design et de l'expérimentation.
C'est dans cette continuité qu'est né Aquamod. Chez mes grands-parents, tout tournait autour du jardin. Mon grand-père avait quatre ou cinq potagers en même temps, sans compter les vignes. Ma mamie, elle, passait des heures dans ses fleurs. Petit, je les suivais partout. On ramassait les patates ensemble, on arrosait les tomates, on faisait la mise en bouteille en famille. C'était un rituel, mais personne ne l'appelait comme ça, c'était juste notre façon d'être ensemble.
En grandissant, j'ai eu mon propre jardin. Mais l'entretenir n'a jamais été un plaisir pour moi, plutôt une habitude, parfois une corvée. Ce qui me manquait, ce n'était pas les heures à désherber ou à arroser, c'était ce moment précis où on cueille ce qu'on a vu grandir.
Il y a sans doute un peu de mon grand-père en moi, à ma façon. Lui, c'était les potagers. Moi, c'est l'envie d'optimiser, d'automatiser, de simplifier tout ce qui peut l'être. De cette tension est né Aquamod, pas pour reproduire un potager, mais pour en garder l'essentiel : la satisfaction de cueillir ce qu'on a fait pousser soi-même, chez soi, à mon rythme, sans que ça devienne une contrainte du quotidien.
Aquamod P1, ce n'est pas juste un objet intelligent. C'est un peu l'héritage de mes grands-parents, réinventé pour aujourd'hui.